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 Diagnostic précoce et prévention

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Aurore Rivière
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Féminin Nombre de messages : 125
Psychomot ? Ortho ? Patient ? ou...? : orthophoniste et psychomotricienne
Département (si France) ou Pays : Oise
Date d'inscription : 01/01/2008

MessageSujet: Diagnostic précoce et prévention   Ven 4 Jan - 21:01

Je viens de proposer des réflexions concernant le diagnostic puis la prévention, je vais désormais évoquer les rapprochements entre ces deux notions.
Ainsi, un article paru le 22 janvier 2007 sur le BBC News, rapporte qu’une chercheuse en neurosciences de l'University College de Londres aurait élaboré un outil de dépistage de la dyslexie avant que l’enfant ne sache lire. Ce test permettrait en dix minutes de poser un tel diagnostic chez un enfant à partir de l’âge de trois ans…
Certes, les objectifs de cet outil sont louables (apporter des soins précoces à l'enfant, lui éviter des échecs scolaires et ne pas perdre plusieurs années sans traitement). Cependant, au risque d’adopter une position trop marquée, je trouve le concept même de ce test très contestable. En effet, ses fondements peu convaincants laissent présager un risque très important de sur-diagnostic. De plus, le danger d’un étiquetage si précoce est d’enfermer l’enfant dans cette pathologie lourde qu’est la dyslexie, à tel point qu’il risque de s’y conformer : c’est l’effet de prédiction.
Face à ce type de recherches qui se multiplient, je tiens à m’associer au cri d’indignation de « l’Association des Collectifs Enfants Parents Professionnels » (ACEPP, 2006) : « pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans ! ». Cette dernière fait l’éloge d’une « prévention prévenante », « attentive aux enfants et respectueuse des familles » : « Dans une perspective d’approche globale du sujet, [la prévention des pathologies mentales (et de tout trouble psychomoteur ou orthophonique (ndla))] doit tenter de (…) déceler la souffrance sous-jacente et ses causes, d’organiser autour de l’enfant et sa famille un système de soutien propre à résoudre leurs difficultés, à développer leurs compétences. »

En somme, je pense qu’en matière de diagnostic précoce et de prévention, il s’agit de rechercher un équilibre très subtil. En effet, le professionnel de santé ne peut se permettre d’identifier la nature et la cause des symptômes de l’enfant si ce diagnostic dépasse le cheminement psychique des parents dans l’acceptation des difficultés de leur progéniture. Mais il ne s’agit pas non plus de dénier les difficultés du petit sous l’influence de l’entourage. Le psychomotricien ou l’orthophoniste doit donc, à chaque rencontre, tenter de percevoir ce que les parents sont en mesure d’entendre à ce moment particulier du suivi. L’objectif est que l’environnement de l’enfant reste toujours en mesure d’investir son petit ; afin de lui offrir les besoins qui lui sont nécessaires (cf. partie II) du « cadre théorique »). Cette juste mesure demeure difficile à atteindre, elle consiste en une observation à chaque instant. Et pourtant, je pense qu’elle détermine la qualité des soins (paramédicaux, familiaux, scolaires…) dont peut bénéficier l’enfant.
Enfin, je suis convaincue, avec T-B. BRAZELTON (professeur de pédiatrie à l’université de Harvard, 2003) que prévenir consiste à rechercher les « forces des individus. Cette mère qui vous amène un bébé hypotonique n’a-t-elle pas en elle une force sur laquelle s’appuyer ? (…) Est-elle déprimée qu’elle ne [puisse] pas aider son enfant ? Ensuite, vous regardez le bébé, et vous voyez, d’après son expression et ses réactions, que ce bébé a certaines motivations, même si ses muscles ne le manifestent pas. (…) Vous commencez avec un point de vue dynamique au lieu d’appliquer une étiquette. (…) Si nous changeons pour un modèle plus positif, une approche basée sur les systèmes, je pense que nous serons mieux préparés pour agir. Faute de quoi, je crains que ce ne soit toujours la même chose, nous attendons que le bébé ait clairement manifesté un déficit avant de faire quoi que ce soit.»

Et cette qualité de soins n’est possible sans un partenariat entre les différentes personnes qui gravitent autour de l’enfant.
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