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 Rélexions concernant le diagnostic

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Aurore Rivière
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Féminin Nombre de messages : 125
Psychomot ? Ortho ? Patient ? ou...? : orthophoniste et psychomotricienne
Département (si France) ou Pays : Oise
Date d'inscription : 01/01/2008

MessageSujet: Rélexions concernant le diagnostic   Mer 2 Jan - 9:20

Actuellement en France, la tendance est à la mesure : la tyrannie des chiffres et l’évaluation répétée tendent à s’imposer. Des valeurs telles que l’efficacité ou le rendement justifient ce mouvement de fond. Les professions de soins n’y échappent pas… Je souhaite développer la notion de diagnostic qui apparaît ici. En effet, celui-ci se présente comme incontournable pour tout professionnel de la santé, puisqu’il suscite toujours une émotion intense chez le patient et son entourage, que ce soit au moment de l’annonce ou quelquefois des années après.

Ainsi, il est certes nécessaire d’analyser les symptômes qui constituent la plainte et la demande du patient. L’objectif est tout d’abord, dans la mesure du possible, d’expliciter leurs fondements à l’enfant et sa famille. Par la suite, mettre un nom à la souffrance, c’est la reconnaître. Quel soulagement pour le patient et son entourage ! Après plusieurs mois voire plusieurs années d’un parcours laborieux, les difficultés de l’enfant sont enfin nommées !... Cela signifie que, même si le patient souffre d’une maladie rare, d’autres personnes présentent des symptômes similaires, d’autres familles se trouvent donc confrontées aux mêmes types de difficultés... La sensation de solitude peut ainsi sembler moins oppressante. Mais par-dessus tout, le diagnostic pose l’espoir d’un suivi adapté qui permette l’épanouissement de l’enfant et l’apaisement de son entourage…

Cependant, comme le souligne P. AIMARD (orthophoniste française, 1997) « Il faut bien se garder d’une utopie, celle de tout expliquer, de tout classer. Plus le diagnostic est difficile, plus le clinicien doit éviter de figer la réalité ; il ne peut pas faire entrer chaque enfant dans un groupe nosographique. En voulant mettre une étiquette sur tous les cas, on déforme la réalité. L’acharnement taxinomique est plutôt une faiblesse. (…) Il s’agit typiquement d’un enfant qu’il ne faut pas classer. En schématisant trop, on risque de donner des vues fausses.» Ainsi, le risque est de souligner que le patient s’écarte d’un référentiel normalisateur et, à ce titre, de l’aborder « sans éthique mais avec des étiquettes » (selon l’expression de A. BEUCHER, pédiatre). En tant que professionnels de la santé, nous devons nous efforcer d’offrir un espace propre à chaque patient ; espace qui lui permette d’exister en tant qu’être singulier, dont le syndrome n’est qu’une particularité et non son unique caractéristique…

Pourtant, aujourd’hui encore, il n’est pas rare que des parents nous rapportent les circonstances déplorables dans lesquelles le handicap de leur enfant leur a été annoncé, et le pronostic très péjoratif qui leur a été dressé… Parfois même, aucun entretien n’est accordé aux proches du patient, ces derniers se contenteront alors de rechercher sur Internet les termes incompris d’un compte-rendu médical remis sans précaution… Comment ne pas être anéanti quand on se retrouve soudainement confronté à des descriptifs extrêmement sombres concernant l’avenir de sa progéniture ? Est-il possible de continuer à investir son enfant ? Un petit peut-il garder son élan si ses parents n’ont plus d’espoir ? ...

Quoi qu’il en soit, la question du diagnostic ne devrait pas nous concerner directement, puisque, en tant qu’auxiliaires médicaux, le psychomotricien et l’orthophoniste ne sont pas autorisés par la loi à porter un diagnostic sur le patient. Seul le médecin y est habilité légalement dans notre pays. Nous devons certes pratiquer un bilan avant tout suivi. Mais, comme le définit le dictionnaire, celui-ci a pour objectif « d’évaluer l’état du patient » en ce qui concerne son développement psychomoteur ou orthophonique. Que le diagnostic médical ait été posé ou non, notre bilan vise donc à pointer les compétences et les difficultés du patient, et souligner sa singularité. Nous devons nous attacher à décrire des chemins de développement différents et uniques mais ayant une cohérence interne. L’objectif est de mettre en œuvre un suivi singulier le plus précoce possible qui aboutisse à l’épanouissement de cet enfant et de ses potentialités. Comme le soulignent B. et K. BOBATH, (1997) « l’évaluation est un pont entre l’observation et le traitement : évaluer, c’est traiter, et traiter, c’est évaluer »
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